Mardi 21 Avril - Visite de la Cité Interdite et du Palais d'été
Nous nous éveillâmes aux premières lueurs d’un jour encore hésitant, alors que l’horloge indiquait avec une précision presque solennelle six heures vingt. À cet instant suspendu entre la nuit finissante et l’aurore naissante, un silence relatif enveloppait encore les lieux, comme si le monde lui-même hésitait à s’arracher à la torpeur nocturne. À peine eûmes-nous ouvert les yeux que déjà s’imposa à nous la nécessité, sinon l’urgence, de nous préparer avec diligence à la succession d’événements qui devaient jalonner cette journée que nous pressentions, sans encore le savoir, riche en imprévus.
Une fois vêtus et prêts à affronter le tumulte du dehors, nous descendîmes prendre notre petit-déjeuner. Ce moment, qui pourrait sembler trivial à l’observateur inattentif, revêtit pourtant une importance particulière : il constituait non seulement un apport énergétique indispensable, mais également une transition symbolique entre le repos et l’action. Nous dégustâmes donc, avec une application presque cérémonielle, les mets proposés, dont la diversité témoignait des habitudes locales, tout en échangeant quelques propos encore empreints de la quiétude matinale.
Nous parcourûmes ces lieux avec une attention soutenue, observant les détails des toitures aux tuiles vernissées, les sculptures ornementales, ainsi que les vastes esplanades bordées de balustrades de marbre. À mesure que nous avancions, il nous sembla presque percevoir l’écho lointain des cérémonies passées, des audiences impériales et des intrigues de cour qui s’y étaient déroulées pendant des siècles.
Il convient de préciser que la visite de la Cité interdite 故宫 obéit à certaines particularités. En effet, l’accès à certaines zones est restreint afin de préserver l’intégrité des structures et des objets historiques, tandis que le flux des visiteurs est soigneusement régulé pour éviter toute dégradation liée à une fréquentation excessive. Par ailleurs, des parcours balisés guident les visiteurs à travers les principaux axes du site, permettant ainsi une compréhension progressive de son importance et de sa signification. Cette gestion méthodique, bien que parfois contraignante, contribue à maintenir la dimension solennelle et presque sacrée du lieu.
Nous passâmes ainsi toute la matinée à déambuler au sein de cet espace hors du temps, nous laissant progressivement imprégner par son atmosphère unique. Ce n’est qu’après avoir longuement contemplé ses perspectives infinies et réfléchi à la grandeur passée qu’il incarnait que nous quittâmes les lieux, non sans emporter avec nous le souvenir durable d’une expérience à la fois enrichissante et profondément marquante.
Après un long trajet en car, une étape bien méritée nous attendait : un restaurant de raviolis pas comme les autres, le Lao Bian Jiao Zi Guan (老边饺子馆).
À peine nous franchîmes la porte que des parfums inconnus nous enveloppèrent aussitôt. Pour une partie du groupe, cette découverte sensorielle était totale. L’ambiance du lieu était à la fois simple et chaleureuse : des tableaux représentant un empereur chinois ornaient les murs, tandis que de grands piliers rouges rappelaient l’esthétique traditionnelle.
Nous prîmes place autour de grandes tables rondes, typiques des restaurants chinois, propices au partage et à la convivialité. Déjà, plusieurs plats étaient disposés sur la table, éveillant notre curiosité et attisant notre appétit.
Très vite, chacun se leva pour composer sa sauce idéale, mêlant différentes saveurs avec enthousiasme afin d’accompagner au mieux les plats. Puis le festin commença.
Les mets arrivèrent sans interruption. Les raviolis, présentés dans des paniers vapeur en bambou, se distinguaient tous les uns des autres : certains étaient au poulet, d’autres aux œufs et aux courgettes, au bœuf, ou encore à la ciboulette chinoise. Chaque bouchée révélait une nouvelle saveur.
D’autres spécialités vinrent compléter ce repas : un poulet aigre-doux parfaitement équilibré, du chou chinois délicatement préparé, ainsi qu’un canard fumé, dont la richesse du goût marqua les esprits. L’ensemble composait un véritable voyage culinaire.
Pendant près d’une heure, nous savourâmes chaque instant, partageant plats, impressions et éclats de rire. Ce repas ne fut pas seulement copieux : il fut une véritable immersion culturelle.
Ensuite, nous fûmes au Palais d’Été 颐和园 de l’impératrice Cixi. Après une rude marche, nous entrâmes au sein de ces murs enchantés qui, depuis des siècles, éclairaient le quotidien morne des empereurs de la Cité interdite. Le Palais d’Été a, depuis sa construction, accueilli nombre de souverains chinois en quête de fraîcheur et de nature. En groupe, écoutant les sages paroles du guide Nan, nous pûmes nous immerger dans la vie au sein des jardins luxuriants entourant un lac artificiel d’une étendue grandiose. Avec ses îles, ses saules pleureurs, ses pagodes, pavillons et allées, le lieu nous ensorcela d’un philtre auquel nous ne pouvions point résister.
C’est alors que nous découvrîmes la prison d’un empereur au beau milieu de cette joie. Condamné pour ses réformes et ses révoltes contre les traditions, il fut forcé de régner dans la précarité, sur un trône enfermé dans une seule pièce lui servant de cuisine, de salle de bain et de chambre. Ce destin cruellement tragique ne nous laissa pas insensibles et nous eûmes même une pensée pour sa destinée.

Tout sonnés, nous retournâmes sur le chemin de notre merveilleuse école sans nous douter de ce qui nous attendait. Impassibles, les joueurs de l’équipe de foot se préparaient dans le car, se mettant dans leur bulle pour mieux appréhender l’ennemi qui les attendait. Ce dernier n’était pas de moindre taille : l’équipe de football de haut niveau de THISDL. Sans même avoir pu dîner, ils furent emportés vers ce défi monstrueux.
Dans le même temps, certains élèves devaient dîner à la cantine de l’école. Ils se dépêchèrent de terminer leur repas afin de rejoindre et d’acclamer l’équipe de choc de Bossuet.
Alors échauffés, ils furent entraînés dans un combat contre un ennemi vaillant. Chacun donnant le meilleur de lui-même, l’affrontement fut rude. Ripostant, défendant et marquant, les hommes de Bossuet ne purent rien faire face aux écarts de tradition d’arbitrage entre les deux nations. La règle du hors-jeu ne put être appliquée et nos défenseurs, héroïques, ne furent pas en mesure de défendre dans un jeu auquel ils n’avaient jamais joué.
Alors échauffés, ils furent entraînés dans un combat contre un ennemi vaillant. Chacun donnant le meilleur de lui-même, l’affrontement fut rude. Ripostant, défendant et marquant, les hommes de Bossuet ne purent rien faire face aux écarts de tradition d’arbitrage entre les deux nations. La règle du hors-jeu ne put être appliquée et nos défenseurs, héroïques, ne furent pas en mesure de défendre dans un jeu auquel ils n’avaient jamais joué.
Malgré cela, l’effectif complet fonctionna à la manière d’un mécanisme bien huilé et sut se montrer décisif lorsque le besoin se fit sentir. Il serait difficile de faire ressortir un joueur d’exception tant chacun mit sa pierre à cet édifice qu’était notre équipe.
Suite à cela, les messagers nutritifs nous délivrèrent nos récompenses pour avoir défendu les couleurs du lycée de celui qu’on appelle Bossuet et qui eut dit : « La Liberté n’est pas de faire ce que l’ont veut, mais de vouloir ce que l’on fait ».
Les soldats savourèrent leur festin tandis que d’autres camarades pratiquèrent le pilates. Dès lors, nous pouvons alors nous demander pourquoi ce festin fut délicieux. Dans un premier temps, l’élixir sucré vint hydrater nos gorges asséchées ; dans un second temps, les allumettes de pomme de terre ainsi que les morceaux de poulet ouvrirent nos appétits ; dans un troisième temps, le sandwich, accompagné de ses morceaux de poulet, qui prirent le dessus sur la fraîcheur des végétaux tout en étant en conflit avec l’assaisonnement blanchâtre, mena à un bonheur époustouflant.
Les soldats conclurent alors leur festin par une éjection de dioxyde de carbone par la voie orale, provoquée par l’épanouissement de nos estomacs suite à ce moment d’extase.
Enfin, tous les camarades terminèrent leur journée par un amusement commun intitulé « Loup-garou » où un camarade en particulier subit une souffrance amplement supérieure (Bisou Léopold)
Équipe du jour :
Mathias, Lorenzo, Zak, Hector
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